De l’influence (discrète mais réelle) du mythe arthurien

Pour l’article de reprise, il s’agit de ne pas se louper. Je vais donc faire simple et sans risque de polémique : un billet d’humeur…

avertissement : cet article est un billet d’humeur tiré d’observations personnelles, sur un panel non représentatif constitué des personnes qui ont bien voulu répondre à un sondage sur les réseaux sociaux. Ce n’est en rien scientifique et n’a pas d’autre prétention que de partager avec vous des réflexions personnelles.

Habituellement, je consacre ma période estivale à rattraper un maximum d’œuvres (plus ou moins) culturelles que j’ai ratées au cours de l’année scolaire écoulée. Pour mon plus grand effroi, j’ai dû subir l’indigeste King Arthur de Guy Ritchie, qui m’a autant consterné dans ses choix artistiques douteux que dans son manque de respect pour le mythe arthurien. Partageant cette détestation avec quelques proches, nous en sommes naturellement venus à discuter de cette mythologie et de son influence sur la culture de l’imaginaire.

Une séance de name-dropping s’est lancée autour de la table d’apéro pour recenser toutes les œuvres influencées par Arthur et ses chevaliers (hors littérature classique) et force est de constater que mes interlocuteurs ont rapidement abandonné. Hormis les incontournables Kaamelott, Sacré Graal et Pendragon, mes comparses ont eu bien du mal à trouver d’autres références. Sans être de gros geeks comme moi, je m’attendais tout de même à plus de répondant de leur part comme le Merlin l’Enchanteur de Disney…

Merlin et Moustique… Euh je veux dire Arthur.

Comment une mythologie aussi chère à mon cœur pouvait trouver si peu d’écho auprès de mon entourage alors que j’ai pu citer une vingtaine d’œuvres sans aucun effort ? Ou bien est-ce moi qui surestimait grandement le rayonnement de la Table Ronde dans l’inconscient collectif ? Pour y voir un peu plus clair, je me suis servi des réseaux sociaux pour lancer un petit sondage et proposer aux internautes volontaires de se livrer au même recensement. Et le résultat à (relativement) plus grande échelle est le même : les trois-quart des sondés connaissent moins de dix œuvres.

Abasourdi par ces chiffres (qui valent ce qu’ils valent), je me consolais en remerciant Alexandre Astier d’avoir apporté la geste arthurienne (enfin plus ou moins) à mes semblables… Mais la lectures des commentaires apportait un éclairage bien différent. Toujours désireux de redécouvrir la Bretagne mythique, j’ai demandé aux sondés de partager avec moi leurs coups de cœur. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que non seulement ma culture arthurienne avaient de nombreuses lacunes mais aussi que certaines références m’avaient échappées !

Guenièvre très énervée dans le King Arthur d’Antoine Fuqua (2004)

Le mythe arthurien n’est pas un tout cohérent et unifié : il s’est construit autour de sources si éloignées temporellement que géographiquement qu’il est impossible d’établir clairement un canon indiscutable. Même la figure centrale d’Arthur change considérablement d’un récit à l’autre, n’ayant bien souvent que le nom en commun. A l’instar du mythe de Cthulhu (concept créé par August Derleth et non par H.P. Lovecraft), les créateurs se sont réappropriés cet univers pour en tirer des œuvres aussi singulière que le jeu de rôle Knight.

Je pouvais être rassuré, le Roi Arthur et ses chevaliers étaient bel et bien fermement ancrés dans l’imaginaire collectif et il suffisait de chercher un peu pour trouver des références disséminées dans tous types de supports culturels (cinéma, roman, jeux vidéos, musique…). Son rayonnement est tel que son influence s’étend jusque dans des contrées très éloignées de la Bretagne légendaire : Shura, le chevalier d’or du Capricorne dans Saint Seiya (les Chevaliers du Zodiaque), ne porte-t-il pas l’épée Excalibur ?

Non vous ne rêvez pas : un chevalier d’Athéna avec l’épée du Roi Arthur…

Ce billet d’humeur m’a été inspiré par l’écoute de l’excellent podcast Rex Quondam Rexque Futurus qui vous propose de découvrir le mythe par ses multiples sources littéraires : une véritable mine d’or pour tous les amoureux de la légende arthurienne. Et si vous ne le connaissez pas déjà, je vous recommande chaudement le jeu Les Chevaliers de la Table Ronde de Serge Laget et Bruno Cathala, édité par Days of Wonder.

3 réflexions au sujet de « De l’influence (discrète mais réelle) du mythe arthurien »

  1. Pour ma part, je ne retiendrais principalement que 3 oeuvres :
    – Excalibur (film de 1981)
    – Sacré Graal des Monty Python
    – Kaamelott d’Alexandre Astier

    Après, le modèle Arthurien du jeune garçon qui ne connait pas ses véritables origines et découvre son destin suite à la rencontre avec son mentor se retrouve dans pas mal d’œuvres (La Belgariade d’Eddings ou La roue du Temps de feu Jordan par exemple).

    Bien évidemment je ne connais cette légende Arthurienne que via des adaptations donc je ne peux prétendre en avoir saisi la véritable essence.

    • Pour le jeune garçon qui découvre son destin avec son mentor, le cas concerne aussi un certain Luc Marcheciel (qui récupère également une épée magique au passage). D’ailleurs Alexandre Astier ne s’y est pas trompé en faisant ouvertement référence à cette filiation.

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