Nessos, Pokemon à la palestre

Ne vous méprenez pas : ce n’est pas juste un titre racoleur pour faire plus de vue. En tout cas, si ça fonctionne, ce n’était pas du tout prémédité…

Même si les colonnes du site ne s’en sont pas fait l’écho (il va falloir remédier à cela – N.D.L.R.), la collection des Mini Games de Iello sont très appréciés à l’association, surtout Time Bomb qui sort très régulièrement pour lancer les soirées jeux du vendredi. Comme les spadassins ludistes de De Cape et de Dés sont avides de nouveautés, il ne faut généralement pas attendre longtemps avant de voir débarquer une nouvelle petite boite blanche. Dont acte pour le dernier né de la collection : Nessos.Le pitch de Nessos ravira les fans de péplum et de Pokemon : les joueurs « incarnent » des héros grecs qui tentent de faire la plus jolie collection de créatures issues de la mythologie antique (pégase, centaure, phénix…) en les enfermant dans des amphores sacrées pour les offrir aux dieux contre leur bénédiction… Sachant que Nessos est la réédition (et la refonte graphique) d’un jeu japonais thématisé pirate (Bakudan Takarabako pour les curieux), autant dire qu’on est dans le domaine de l’habillage strict.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : le travail effectué par Miguel Coimbra (qui a œuvré entre autres sur le magnifique Fairy Tile) est somptueux, avec un graphisme inspiré par l’esthétique des vases grecs de l’antiquité. Sous une apparente austérité inspirée par la bichromie (ocre et rouge ou ocre et vert), on est surpris par la richesse des motifs et le dynamisme des créatures qui semblent prêtes à surgir des cartes. La surprise est d’autant plus grande que l’illustration de couverture est colorée et moderne.

Cette couverture en tout à fait pertinente quant à la nature de Nessos : ne le prenez ni trop au sérieux ni trop au premier degré, nous sommes en présence d’un jeu minimaliste de bluff et de déduction. En faisant abstraction de l’habillage, le jeu consiste à faire le maximum de points (les cartes créatures, valant de 1 à 10) en acceptant ou refusant les offres à l’aveugle des autres joueurs, tout en évitant les cartes piégées (les cartes Charon, le passeur des Enfers). Ajoutez un mécanisme de surenchère et on a fait le tour de la partie technique.

La première partie est donc rapidement lancée, les cartes circulent, les offres se font de plus en plus alléchantes et les regards de plus en plus suspicieux, les révélations sont ponctuées d’éclats de rires francs, crispés ou narquois : le jeu réussit une magnifique alchimie entre ambiance et règles. Les enchères aveugles encouragent le cabotinage tandis que les collections de points face visible permettent aux plus calculateurs de garder une prise sur le déroulement de la partie (contrairement à The Resistance qui me laisse un profond sentiment d’arbitraire).

Pour la faire courte, Nessos est un excellent jeu d’ambiance, beau, accessible et bien équilibré entre profondeur de gameplay et jeu psychologique en toute décontraction. Son côté léger séduira les amateurs de jeux conviviaux et les ludistes les plus exigeants pourront y trouver une pause rafraîchissante entre deux grosses parties. Jouable de 3 à 6, il donne selon moi toute sa mesure à partir de 5 participants où des stratégies d’impasses commencent à faire leur apparition, tous les joueurs n’ayant pas la parole à chaque manche… ou tout simplement parce que plus on est nombreux, plus on rit.


En bref :

Nessos est un jeu de Takaaki Sayama et de Toshiki Arao, illustré par Miguel Coimbra et édité par Iello.

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