Les Toiles en Retard 02

Deuxième partie de mes rattrapages cinéma, encore plus subjectif qu’à l’ordinaire…

Alita : Battle Angel

Alita : Battle Angel avait tout du projet bancal sur le papier. Tiré autant du manga culte Gunnm que de son adaptation animée, il a fait l’objet d’un développement long et chaotique malgré James Cameron (Aliens, Terminator 1 et 2, Avatar) à la barre depuis le début. A l’arrivée, c’est le très inconstant Robert Rodriguez (l’efficace Desperado et le catastrophique Spy Kids 3D) qui récupère le bébé et ses fameux grands yeux numériques.

Dès les premières images, mes doutes furent levés : la Décharge s’étend sous mes yeux, surplombée par la majestueuse et brillante Zalem qui lui déverse ses déchets depuis les cieux. Errant dans une jungle rouillée dont il tente d’extraire des pièces détachées, Ido trouve les restes d’une cyborg épargnée par le temps, ange tombé littéralement du ciel dont la beauté tranche avec la désolation ambiante. Introduction parfaite, je souris dans le noir…

La quête d’identité d’Alita, incarnée en performance capture par Rosa Salazar, est menée tambour battant entre découverte de soi et morceaux de bravoure virtuoses. Pour les personnages secondaires, le bilan est beaucoup plus mitigé : à trop vouloir faire apparaître les protagonistes du matériel de base, des raccourcis grossiers sont employés et ils ne sont qu’effleuré, à charge pour le spectateur de combler les vides.

Alita et Ido, une relation complexe…

Visuellement, le film est magnifique mais je n’en attendais pas moins de James Cameron : ne nous leurrons pas, l’ombre du créateur d’Avatar plane autour du projet, la cohérence graphique de l’ensemble (comparez avec la bouillie qu’est Shark Boy et Lava Girl de Rodriguez pour vous en convaincre) et la virtuosité des scènes d’action en attestent. Sans parler de la 3D d’une qualité technique irréprochable bien que peu exploitée au final.

Le film souffre toutefois d’un écueil que je me dois de souligner : bien que la Décharge soit décrite comme telle par les protagonistes, la misère et l’insécurité de la ville n’est que pudiquement effleurée. Iron City ressemble à un empilement cosmopolite fourmillant, où les adolescents peuvent s’amuser en toute insouciance. La nuit, les choses se compliquent… gentiment avec du hors champ ou de la violence stylisée. Ce décalage rend les motivations de certains personnages très étranges ( « régner en enfer ? » , sérieusement ? ).

Vous l’aurez compris, Alita : Battle Angel m’a beaucoup plu mais je pense que mon avis est fortement biaisé. Au-delà de la performance technique, le film a coché quasiment toutes les cases de mon bingo du fanboy de Gunnm malgré les gros raccourcis d’intrigue et l’édulcoration du propos. Les semaines qui passent n’effacent pas ce sentiment et j’attends avec toujours autant d’impatience l’annonce d’une suite (que nous font miroiter les flashbacks et la fin ouverte) malgré un succès mitigé. D’ailleurs, je serais curieux d’avoir votre avis, en particulier si vous ne connaissez pas le manga d’origine…

Alita doit faire ses preuves face aux chasseurs de prime… et au public

A suivre : Ralph 2.0 …

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