Virtual Revolution, un film « français »

A la base, j’avais prévu de partager avec vous le second opus de mes cogitations rôlistes mais je ressens le besoin de discuter d’un tout petit rien qui me chiffonne : l’état du cinéma de genre en France. Autant vous prévenir de suite, je ne suis pas du milieu donc tout ce qui va suivre fleure bon le ressenti 100 % subjectif mais je me plais à croire que vous n’êtes pas ici pour de l’information professionnelle (ou alors je sous-estime grandement le rayonnement et le crédibilité de De Cape et de Dés).

virtual-revolution-01Alors que je faisais ma consultation Facebook nocturne, je tombe sur une suggestion de publication du site scifi-universe (ils parlent aussi de jeu de rôle, c’est vous dire s’ils sont cool) annonçant la sortie d’un film français indépendant, Virtual Revolution. Pour la faire courte, c’est du cyberpunk avec lot d’ambiance noire, corporation vs hackers, black-ops, réalité virtuelle et questionnements sur l’hyperconnection.
Alléchant non ? Ce petit bijou a fait internationalement le tour des festivals de film fantastiques où il a raflé pléthore de prix (18 pour être précis, plus 13 nominations) et il débarque enfin dans les salles françaises où vous pouvez l’admirer depuis hier (le 12 octobre 2016) dans pas moins de… quatre salles. Si vous n’habitez pas à proximité de Paris, Berck ou Aubagne (ce qui est mon cas), vous n’aurez pas l’occasion de le savourer sur grand écran.
Monter ce film a été une aventure en soi. Son réalisateur Guy-Roger Duvert, qui porte aussi les casquettes de producteur, scénariste et compositeur de la bande-originale, a dû boucler son budget aux États-Unis (où il travaille principalement) alors qu’il avait dans ses valises un court-métrage auréolé de nombreux prix, Cassandra. Faute de distributeur, il a assuré la promotion française de son long-métrage lui-même, allant jusqu’à démarcher les cinéma en personne.

virtual-revolution-02Voilà où je veux en venir : il n’y a pas de place en France pour ce genre de projet. En tout cas, l’industrie du cinéma hexagonale estime que ce genre de projet est trop risqué pour mettre des billes dedans et le promouvoir. L’une des rares exceptions reste Luc Besson et sa boite de production Europacorp (dont on pense qualitativement ce que l’on veut) qui doit bien être le seul à rester sur le créneau contre vents et marées (preuve en est son futur Valérian).
Pourtant il y a un public pour ce cinéma là, sinon comment Luc Besson pourrait-il continuer sa petite entreprise ? Pourquoi les blockbusters américains font-ils le plein sur des thématiques similaires ? Les moyens seuls n’expliquent pas tout puisque Virtual Revolution, du haut de ses 3 millions d’euros de budget (comparativement, le Valérian de Besson est annoncé à 170 millions, Captain America : Civil War en a coûté 250), ne ressemble pas à une cinématique fauchée de jeu vidéo, loin s’en faut.
Mon sentiment sur la question (on passe à la phase opinion) est que le monde du cinéma français estime, dans sa grande majorité (donc une grande partie de l’argent disponible également), que seuls les comédies et les polars fonctionnent auprès du public et que le cinéma fantastique (dans son acceptation la plus large) est indigne de lui artistiquement. Même avec un contre-exemple vivant sous le nez (Luc Besson, dont la personnalité et le discours sur le cinéma irritent dans le milieu).

virtual-revolution-03C’est ainsi que l’on se retrouve inondé par des comédies pré-formatées qui sont censées assurer des revenus confortables à leur producteurs et aux exploitants grand public (Bienvenue chez les Ch’tis a fait du mal sur ce point-là) et qu’un film de genre indépendant ne trouve pas sa place en Art et Essai (hors festival dédié). Et la situation n’est pas prête d’évoluer tant que des films comme Les Nouvelles Aventures d’Aladin (avec l’inénarrable Kev Adams) continuent d’être des succès au box-office…

Mis à jour après le commentaire de Guillaume, qui apporte un regard éclairé sur le sujet: lisez-le!

26 réflexions au sujet de « Virtual Revolution, un film « français » »

  1. Malheureusement, il faut aussi envisager la possibilité que Virtual Revolution n’est tout simplement pas un bon film : au vu de son trailer, il fait trop amateur, ses SFX sont mal intégrés et le jeu d’acteur est plus qu’approximatif. Il y a un problème avec la langue du film également : c’est un film français qui se déroule à Paris, mais il est tourné en anglais (pour des raisons financières tout à fait compréhensibles), ce qui pose un problème au CNC et donc au distributeur qui ne bénéficiera pas des mêmes subventions que s’il avait été en langue française. Aussi, les prix reçus dans les festivals ne concernent aucun festival majeur ou ayant un vrai poids dans le milieu (les distributeurs veulent voir Sitges, San Sebastian, SXSW, Sundance, etc), et cette accumulation de prix inconnus crée plus de suspicion qu’une véritable légitimation vis-à-vis d’un distributeur.

    Nombre de producteurs et distributeurs français se sont cassés les dents (à mon grand désespoir) ces dix dernières années avec des projets de genre et sont désormais plus que frileux pour se lancer dans la production/distribution de films de genre ambitieux (contrairement à Besson qui fait du genre mainstream, grand public, sans ambition particulière donc rentable) : La Horde, Vertiges, La Meute, Goal of the Dead, Mutants… tous sont sortis au même moment et se sont tous vautrés en salles, tuant dans l’œuf toute renaissance du cinéma de genre français (pourtant actif dans les années 70-80). Il faut se tourner vers la Belgique (Amer, L’étrange couleur des larmes de ton corps), l’Irlande (The Canal, Citadel…) ou l’Espagne pour du cinéma de genre de qualité non-américain.

    Je comprends ton exaspération vis-à-vis du mépris de l’industrie française envers les films de genre (j’ai le même sentiment) mais Virtual Revolution n’est probablement pas un film qui changera la donne, malheureusement.

    (Au passage, tu confonds « cinéma populaire » (tout ce qui est grand public et qui peut être de la SF comme de la comédie) et « cinéma de genre ».)

    • Merci pour ton commentaire érudit, qui pour le coup donnera au lecteur de meilleures billes que mon petit ressenti personnel. Sur la question de cinéma populaire / cinéma de genre, c’est une faute de (manque total de) relecture: je vais corriger de ce pas. Quant à la qualité intrinsèque de Virtual Revolution, j’aurais aimé pouvoir juger sur pièce par moi-même, ce qui est (tu l’as bien compris) le fond du problème.

    • Pour quelqu’un n’ayant pas vu le film tu affirme plus que tu te questionne…
      Il eu été, je pense, plus sage, et terriblement plus crédible) d’aller le voir avant de tenir de long discours qui finalement parlé de tout, sauf du film… ‘Normal, puisque tu ne l’a pas vu.
      En revanche, je suis certain que ton avis aura plus de sens et de profondeur apres l’avoir car la Ca fait explication d’un systeme que réflexion ou ressenti d’un film;))

      • Je n’ai pas vu le film non plus et pourtant j’ai écrit un article autour. Guillaume n’a rien fait de plus ou de moins, à part peut-être donner son ressenti sur la bande-annonce qui ne l’a pas enthousiasmé. De deux choses l’une: soit je suis aussi fautif que lui (j’ai fais la même chose mais en ayant été convaincu par le trailer), soit aucun de nous ne l’est. A titre d’auteur de l’article, je trouve que ses interventions ont apporté une plus-value à la teneur de l’article et les commentaires sont faits pour exprimer son opinion, droit dont il a usé et dont il s’est justifié alors qu’il aurait très bien pu s’assoir dessus. A titre de modérateur, j’exige que les règlements de compte à ce sujet cessent immédiatement, les principaux intéressés ayant décrété eux-même la fin des hostilités. Que les choses soient claires dès à présent, j’userai des mes droits de modération sans préavis.

        • Oula relaxe garçon 😀
          Je ne sais pas de quelle reglement de compte tu parle mais je me sent absolument pas concerner!
          Et quoi qu’il en soit, et quelque soit les idées avancer, il me semble plus percutant de se prononcer APRES avoir vue le film. Dison qu’émetre un avis en regardant par un trou de sourie me semble asser déraisonnable et limitatif, et en meme temps il est vrais, surtout en province, que le film est peu accessible. Cependant je reste persuader que les avis des un et des autres serais milles fois plus percutant et juste apres visionage. Vraiment 🙂

          • Cher Marc (je vais rester le plus neutre possible sur la formulation, histoire de ne pas faire de présupposé rien que sur tes tournures de phrases), cette réponse à mon intervention souffle le chaud et le froid sur mon rôle de modérateur: d’un côté, tu précises ton sentiment dans un cadre général sans nommer personne (ce que je reprochais à ton message précédent, avec ton utilisation répétée de « tu ») et de l’autre tu te permets une familiarité à mon égard sans même savoir si elle se justifie (j’emploierais le terme « garçon » pour désigner quelqu’un avec qui j’ai une grande différence d’âge et à moins que tu ne sois d’un âge relativement avancé, je doute de sa pertinence dans le cas présent). En tout cas, merci pour ton intérêt dans cette discussion.

  2. Pour parler de d’état du film de genre en France et de sa difficulté d’accès hors grandes villes, il pourrait être intéressant de faire le rapprochement avec le festival Mauvais Genre, qui est quand meme assez repute… Et a Tours! (surtout vu sa situation financière actuelle).

    • Merci pour ton commentaire. Il aurait effectivement été judicieux que je parle de la santé du festival Mauvais Genre… si j’avais été au courant de son état. J’essaye de ne parler que de choses dont j’ai au moins vaguement entendu parler mais la santé fragile de ce fleuron local (avant d’être tourangeau, je connaissais son existence via Mad Movies) aurait été, sans l’ombre d’un doute, une approche tout aussi pertinente et éclairante.

    • Et des Hallucinations Collectives lyonnaises ou du Festival du Film Fantastique de Gérardmer (pas en super forme lui non plus) ! 🙂

      Les choses sont peut être en train de bouger : Gaumont vient d’annoncer « Arès », un autre film de SF français, orienté action/film de baston. Le résultat n’a toujours pas l’air folichon (encore une fois, des acteurs au jeu « fluctuant » et un scénario qui repose sur des clichés relous – la demoiselle en détresse, etc) mais le premier trailer augure moins un film qui repose uniquement sur ses références visuelles qu’un film qui développe son propre univers, en lien avec l’actualité. Le réal a un petit passif intéressant avec la série Kaboul Kitchen, donc à suivre ! Reste à savoir le nombre de copies qui seront disponibles mais avec un gros distributeur comme Gaumont, le film devrait être visible dans les plus grandes agglomérations.

      • Il va falloir que je fasse attention à ce que je raconte sur le cinéma de genre avec un connaisseur tel que toi qui rôde dans les parages…

  3. (J’ai essayé d’envoyer un message similaire juste avant, mais il y a eu un bug. Désolé pour le doublon, si c’est le cas.)

    Guillaume, si je comprends bien, tu n’as pas vu le film et tu te bases sur le trailer pour livrer tes conclusions ? En quoi, comme semble le penser Som Yann, tu as donc un comportement d’érudit ? Je trouve, personnellement, que ça fait plutôt propos rageux de genreux frustré aux idées arrêtées et réductrices.

    Pour le coup, j’ai vu le film (j’habite à Paris) et s’il n’est pas parfait, il a de sacrées qualités (dont le cast – car je l’ai vu jouer, moi – les VFX – franchement incroyables sur grand écran – un vrai fond intéressant et une fin originale et percutante). D’ailleurs, ici, il vient juste de récupérer une nouvelle salle (en plus de celle qu’il avait déjà) au terme de sa première semaine d’exploitation et les avis du public sont globalement très positifs (le Net te le prouvera.)

    Bon, bien sûr, pour ça, il faut voir le film, quoi…

    P.S. : ah oui, et sinon, je me suis un peu renseigné sur les festivals américains où le film a reçu ses prix. Au niveau du circuit indépendant, le Dances with Films, l’Accolade Global Competition et les LAIFF (par exemple) sont des grosses références. Pour ce qui est des festivals spécialisés genre, le FilmQuest et le Dragon Con (deuxième plus grosse convention de ce genre après le Comic Con de San Diego, visiblement) enterrent aisément, en termes de réputation internationale, n’importe quel festival spécialisé français (et notamment ceux que tu cites.) Bref, je persiste et signe : la mauvaise foi de certains fans de genre français me rappelle pourquoi j’ai déserté les forums de Mad et consorts…

    • Merci pour ton commentaire éclairant. Guillaume a apporté des précision sur le destin de films de genre français sortis sur les écrans ces dernières années, observation que je n’avais pas faite moi-même et qui a enrichi ma chronique, tout comme ton PS sur les festivals où Virtual Revolution a été primé. Je t’envie salement d’avoir pu le découvrir sur grand écran et d’avoir partagé tes impressions (et ton enthousiasme) avec nous.

      PS: le commentaire de Quentin me donne l’occasion de rappeler une règle de vie primordiale, la courtoisie. On peut être passionnés et avoir des avis divergents mais tâchons de rester mesurés et respectueux les uns envers les autres. Le commentaire est passé pour l’enrichissement de la discussion et surtout parce que l’équipe rédactionnelle n’a pas encore publié de règles de modération.

      • Som Yann,

        Merci d’avoir publié mon commentaire qui avait vocation à exprimer un agacement vis-à-vis des jugements hâtifs de nombreux cinéphiles et fans de genre en France.

        Je trouve d’ailleurs qu’à sa façon, Guillaume manque assez peu de courtoisie et d’éthique (dans le cadre de la conversation, pas en tant que personne, puisque je ne le connais pas.)

        J’aurai toujours un problème avec le fait de formuler un avis critique sur un film qu’on n’a pas vu, un livre qu’on n’a pas lu ou un album qu’on n’a pas écouté. C’est tout. 😉 Et quoi qu’il en soit, merci d’avoir publié mon point de vue alternatif.

        • Hop, je reviens par ici puisqu’on m’interpelle sur ma courtoisie et mon éthique ! 🙂 Je passe sur les attaques ad hominem qui me qualifient de « genreux frustré aux idées réductrices », hein, là n’est pas le débat.

          D’ailleurs, je ne pense pas avoir été malhonnête ou peu courtois, j’ai essayé d’expliquer une réalité que les spectateurs ne connaissent pas forcément car – c’est assez ironique – j’ai été passablement agacé par la mauvaise foi de certains des défenseurs du film (des membres d’équipe ou des amis de ceux-ci) qui crachent sur les réseaux sociaux sans vergogne sur les « distributeurs qui ne font pas leur boulot », « les salles qui n’en ont rien à foutre », etc. Et comme je sais bien que tout le monde n’est pas au fait du fonctionnement du circuit de distribution, j’ai voulu apporter quelques précisions pour nuancer cette indignation. Je comprends parfaitement leur frustration et leur colère mais je la trouve un poil hypocrite, en fait : le problème vient du système français dans sa globalité, du CNC en premier lieu et de ses critères de subventions hyper-restrictifs, dont dépendent les distributeurs et les exploitants.

          Ensuite j’ai voulu revenir sur l’état du ciné de genre en France (que je déplore absolument, c’est le fan de cinéma de genre qui parle) qui selon moi explique la quasi-absence de VR des écrans. C’est une réalité, les distributeurs français ne veulent pas entendre parler de films de genre et se contrefichent des conventions (le geek a toujours mauvaise presse dans leurs têtes, j’ai bossé dans le milieu pour le savoir), ils ne se basent – pour la plupart, certaines petites boites prennent encore des risques – que sur des festivals reconnus, qu’ils soient affiliés au cinéma de genre ou non (ou des gros projets de boîtes US comme Blumhouse, Lionsgate, etc.).

          À la rigueur, si le film avait reçu un prix au Fantasia, l’un des plus gros festivals internationaux, il aurait peut-être intéressé un gros poisson comme Europa ou Wild Bunch. Et les festivals que tu cites sont peut-être influents dans le milieu festivalier mais je peux t’assurer qu’ils n’ont aucun poids dans le circuit français. Pour un distributeur, un prix c’est avant-tout un argument marketing à mettre sur l’affiche, mais pour cela il faut que ce soit un nom connu du public : le LAIFF, le Dances with Films ne le sont pas malheureusement, ni même la Dragon Con.

          Ma conclusion (un peu hâtive, je le reconnais) était que si ce film n’a pas trouvé de distributeur, ce n’est pas nécessairement la faute des distributeurs, et qu’il fallait aussi prendre sa qualité en considération (car son trailer laisse paraître des défauts assez dérangeants, selon moi).

          J’irai même plus loin : je ne pense pas que Virtual Revolution puisse retirer le moindre bénéfice du circuit classique, que ce soit pour son financement comme sa distribution. Il a été crowdfundé avec succès et il devrait persévérer dans cette voie alternative : le proposer en VOD payante sur un site dédié, organiser des projections uniques dans des lieux insolites, etc. J’imagine très bien que pour le réal et son équipe une sortie en salles a une énorme signification et représente un aboutissement de leur travail. Cela dit, compte tenu du climat actuel, je pense sincèrement qu’ils auraient tout intérêt à jouer sur l’originalité de leur diffusion. Kung Fury n’a pas cherché à sortir en salles et est dispo sur Netflix, les mecs de Suricate ont balancé leur film sur YT, etc. Il existe des voies alternatives pour ce genre de projets et il est dommage que VR n’en profite pas !

          Je reviens aussi sur mon appréciation du trailer : je me mettais surtout à la place d’un distrib’ qui voit la BA du film et qui va décider ou non d’ajouter ce dernier à son catalogue sur la seule base de ce trailer, car nombre de deals se signent comme ça.

          Et je maintiens mon avis : pour moi, ce trailer dessert le film, il fait trop amateur sur ses VFX et le jeu d’acteur. De plus son côté gloubiboulga de références qui n’augure que ça : un catalogue de références sans propos ni distance (apparemment je me trompe largement mais ce trailer ne me donne que ça à voir). J’ai fait le test autour de moi, auprès de fans de ciné de genre et autres, tous ont eu la même réaction : « on dirait un fan-film avec un peu de budget ». Alors imagine ce que doit se dire un distrib’ qui passe ses journées sur des salons à enfiler des dizaines de trailers pour se constituer un catalogue : au moindre défaut mineur, il zappe et passe à autre chose.

          Je reconnais par contre que décréter qu’il s’agit d’un mauvais film était condescendant de ma part et je m’en excuse.

          • N’en jetez plus les gars, vous me faites passer pour un Mickey! Merci pour la petite plongée dans le circuit de distribution que j’ai trouvé fort instructif ma foi. Ma chronique a été écrite après le visionnage du trailer et j’ai eu une réaction bilieuse et voyant la distribution famélique en salle. J’y vois un peu,plus clair dans ce dossier (qui mériterait certainement des pages et des pages pour être exhaustif) mais la conclusion reste la même: tant qu’il sera « risqué » de faire du genre en France, la situation ne risque pas de se débloquer sur le grand écran. Et effectivement, les nouveaux canaux de financement et de diffusion sont une alternative, à défaut d’être une solution.

          • Au USA, en asie et en angleterre le film a été vendu en présentant la bande annonce cela. A croire que les distributeur de ces zone avais un avis bien différent du tien son professionalisme ou son amateurisme 🙂
            En tout cas, vivement la série 😉

    • Dances with Films, Comics Con (SD) et FilmQuest Fest sont en effets réputer au USA. La question que je me demande c’est si Virtual Revolution concour uniquement au USA ou aussi en france ?

  4. Une fois encore, Guillaume… voici une bien longue réponse (un brin pompeuse et prétentieuse)… pour quelqu’un qui n’a vu qu’un trailer. Je n’en attendais pas moins de ta part au vu des commentaires précédents. 🙂

    Ta démarche, à mon sens, ne te rend pas très crédible et ton discours ressemble tristement aux commentaires de certains lecteurs de Mad ou L’Écran qui dégainent à la moindre bande-annonce ou veulent apprendre le cinéma aux gens alors qu’ils ont une vision biaisée de son fonctionnement réel (et je bosse dans le milieu, à ce sujet. Je peux donc te garantir que l’intérêt d’une boîte comme EuropaCorp, puisque tu en parles, a de bien multiples ramifications et ne se focalise pas que sur les « gros » festivals que tu mentionnes.)

    Je te propose donc de suivre le parcours du film et de ce qu’il risque d’entraîner dans son sillon à moyen et long terme de la part de cette équipe. En effet, pour m’être rapproché d’eux, je peux, par exemple, te garantir qu’ils ont intéressé des distributeurs (et ont probablement bien fait de refuser certaines offres qui visaient plus que certainement à les arnaquer) et ont finalement fait le choix d’une indépendance totale (ce qui est une contrainte supplémentaire, en revanche, dans le cadre d’une exploitation).

    Mais bon, une fois de plus, moi, j’ai vu le film. Et j’ai vu les réactions du public qui ont découvert le film qui, dans l’ensemble, impressionne grandement (et phénomène intéressant, bien au-delà des habitués du genre – qui l’aiment aussi pour la plupart – par le biais de son propos que tu estimes inexistant… alors que tu ne le connais pas et ne peux le connaître puisque tu le juges sans l’avoir vu.)

    Au final, tu peux donc tirer les conclusions que tu veux sur ce que tu veux. Je te fais juste remarquer que, généralement, on est relativement plus crédible quand on a vu un film avant d’en critiquer le moindre aspect.

    Et personnellement, je ne m’inquiète ni pour le film, ni son réalisateur, ni son cast, ni son équipe.

    Salut ! 😉

  5. En revanche, je constate aussi que tu reconnais avoir été hâtif dans tes conclusions sur le film et je ne l’avais pas relevé (nos messages respectifs étant pour le moins touffus. 😉 )

    Je trouve ça bien et je tiens également à m’excuser si mon ton te paraît plus agressif qu’il ne l’est en réalité.

    Bref, laissons tous deux ce film poursuivre sa route en espérant que les choses changeront. Pour lui comme pour les autres.

    Et continuons d’être curieux et d’accorder le bénéfice du doute aux outsiders. 😉

    • (Sorry Som Yann pour le hijack de ton blog, promis, c’est ma dernière intervention ! 😉 )

      Je sais bien qu’il est inutile d’essayer de discuter avec un troll, mais bon, je suis têtu (en plus d’être frustré, prétentieux, pompeux, etc.).

      J’aimerai que tu clarifies un truc : tu es dans le « milieu », soit, mais dans quelle branche ? J’ai bossé pendant deux ans pour une société de production/vente à l’international (l’intermédiaire entre un prod et un distrib) et tous mes commentaires précédents à propos du fonctionnement de ce métier découlent de ce que j’y ai vu. J’admets qu’il est tout à fait possible que ma petite expérience ne soit pas représentative des pratiques les plus répandues (bien que j’en doute) et je voudrai avoir ton avis là-dessus puisque tu as l’air d’avoir également des infos.

      Parce que, honnêtement, tout ce que tu as posté n’est finalement qu’un rant contre moi, le fait que je n’ai pas vu le film et que j’en tire un avis selon toi illégitime : point sur lequel je me suis excusé car c’est vrai que c’est complètement con de décider de la qualité d’un film sur sa BA, c’est pourquoi je change ma phrase en « cette bande-annonce est nulle et ne me donne pas envie de voir le film ». Je peux promettre ceci : dès que j’aurais vu le film, je reviendrai ici pour donner mon avis, légitime cette fois. Car je le répète, je trouve que cette BA laisse supposer un film creux : est-ce que ça veut dire qu’il est ? Bien sûr que non et je n’ai jamais prétendu le contraire.

      Tu ne me contredis pas vraiment ni n’apporte quoi que ce soit à la discussion, sinon avec un truc vague du style « ils ont intéressés des distrib' » qui l’équivalent français du « everybody is writing something in Hollywood »… Tous les réals qui galèrent pour trouver un distributeur disent qu’ils ont intéressés des distributeurs pour créer de l’intérêt autour de leur projet : c’est normal et ce serait suicidaire de prétendre le contraire.

      Quant à ta remarque sur leur choix d’indépendance, c’est évidemment une contrainte mais ça leur permet aussi de contrôler leur exploitation et de négocier directement avec les petites salles indépendantes pour des privatisations, des soirées spéciales… C’est du taf, oui, mais ça correspond plutôt au statut « démerde » et hors des clous du projet. Quand tu gueules contre un système qui ne veut pas de toi, c’est débile de chercher à l’intégrer dans le même mouvement : il faut chercher des voies alternatives, et elles existent.

      En fait, j’en viens à me demander si par hasard, tu ne serai pas l’un des backers du film (ou un proche de l’équipe) – ce qui serait franchement gonflé de ta part de ne pas le mentionner avant de venir me reprocher mon manque d’éthique – et que tout ceci n’est qu’une tentative malheureuse de faire de la pub pour le film (ça marche, on en parle) pour contrebalancer un accueil critique plutôt tiède (cf les avis SensCritique pour les internautes et la quasi absence de toutes les rédactions de presse, spécialisées comprises – j’exclue les blogs, désolé, qui ne comptent que peu dans le poids d’un film sur l’industrie). Je ne peux pas le vérifier de moi-même puisque la page Ulule du projet a été supprimée.

      Au passage, je n’ai jamais fréquenté les forums de Mad Movies ou de l’Ecran Fantastique, ça fait même plusieurs années que je n’ai pas ouvert un Mad. Donc tes remarques sur mon soi-disant triste état de forumeur frustré, tu peux te les garder. Je n’ai rien supposé sur ta personne, tes goûts, ton activité en ligne ou quoi que ce soit te visant directement. La politesse (et l’honnêteté intellectuelle) aurait voulu que tu en fasse de même pour moi. Quant à ma condescendance : ouais, j’aime expliquer en détail ma position car j’ai toujours peur qu’elle soit mal interprétée ou tordue, d’où des posts à rallonge. Par contre, je n’ai pris personne de haut, ni ne me suis autoproclamé expert de quoi que ce soit : j’ai partagé un vécu qui me semble est pertinent dans ce cas précis, point barre. Le condescendant, c’est plutôt celui qui balaie une argumentation d’un simple « t’es un frustré/rageux » et qui se permet de donner des leçons de morale tout en pratiquant la pire des tactiques de trolls.

  6. (Pareil Som Yann, j’arrête après. 😉 )

    Guillaume, tu auras pu remarquer que j’ai, moi aussi, tenté d’adoucir le ton et je suis donc confus que nous en arrivions là.

    Mais ce n’est pas grave, je ne vais pas ajouter de morgue à tout cela.

    Oui, pour l’avoir vu, je soutiens le film dans ce qu’il est et représente. Je travaille dans le domaine de la communication audiovisuelle sur Paris (et je ne m’occupe pas de celle du film) et pour avoir assisté à plusieurs projections en présence de l’équipe et avoir discuté avec le réalisateur et le producteur, je peux te garantir que je comprends leur volonté d’indépendance, l’acquisition d’un film indé par un distributeur pouvant se révéler opaque, constituer une perte de contrôle absolu sur les bénéfices réels du film (les « contrats » de distrib’ proposés à l’équipe étant clairement voués à exploiter leur film dans le sens le plus bas du terme, sans que ceux-ci n’en voient trop la couleur des gains.) Je comprends donc leurs raisons de taper un peu sur une certaine conception de la distribution et des subventions du CNC. Ont-ils fait le bon choix en s’auto-distribuant ? L’avenir le dira, mais je ne leur jette clairement pas la pierre à l’heure actuelle, d’autant que pour son exploitation limitée, le film fait un beau parcours.

    Ensuite, le film, s’il a tenté une campagne de crowdfunding infructueuse ne s’est donc pas monté grâce à elle, mais grâce à des fonds privés. Tu sers donc une légende urbaine qui n’a aucun fondement.

    Si je devais chercher à faire de la pub efficace pour le film, j’aurais certainement visé un site un peu plus « high profile » que celui-ci (c’est un peu mon taf, à la base), dont l’article de fond reste néanmoins extrêmement pertinent (et bien écrit, ce qui n’est pas le cas de tous les blogs.) D’autre part, je ne trouve pas que le film en ait spécialement besoin.

    Je répète donc que je trouve dommage que le Net soit devenu une zone de tir contre tous les films (ou autres types d’œuvres) que les gens n’ont pas vu et se permettent de descendre en se basant sur deux minutes d’images. Mais bon, il y en a eu avant toi et il y en aura après toi.

    Je crois donc qu’il ne nous reste plus qu’à nous quitter « bons ennemis ». 😉

    Que tu me croies ou pas a peu d’importance (qu’est-ce qui me prouve que tu dis la vérité, toi-même, et est-ce que cela change quoi que ce soit, au final ?), puisque mon intervention de base ne visait pas tant à défendre le film qu’à déplorer un comportement devenu systématique au sein de la communauté cinéphile (surtout chez les fans de genre du web.)

    Pour ce qui est de nos positions, nous resterons sur les nôtres, comme c’est souvent le cas dans ce genre de débat.

    Je suggère donc que nous nous quittions « bons ennemis ». 😉

    P.S. : Som Yann, désolé pour le ramdam et bravo pour cet article qui met donc le doigt sur la considération globale d’un certain cinéma dans l’Hexagone, a fortiori quand il en est issu.

  7. (Et désolé pour la répétition du « bons ennemis », je croyais avoir effacé le premier à ma – rapide – relecture. Mais la conclusion reste la même.)

  8. Même si la discussion est enflammée, vous avez tous deux continué d’exposer vos arguments et vos parcours respectifs pour éclairer le tout: je laisserai donc vos échanges sans aucune modération car j’y trouve de nouveaux éléments à la lecture, ce qui est aussi susceptible d’intéresser les lecteurs.
    Au passage, je tiens à préciser que ce site n’est pas le mien mais celui de l’association de jeu De Cape et de Dés, qui sert à la communication de l’association (un peu) et où chaque adhérent à la possibilité d’écrire des chroniques sur un peu tous les sujets geeks (beaucoup plus).
    En tout cas, merci d’avoir fait vivre ce article et j’espère que vous reviendrez jeter un œil à l’occasion.

  9. Vu sur facebook, commentaire laisser sur la page du producteur :

    « Mehdi J. Belhadj : Je suis directeur au CGR Poitiers – Castille et nous programmons Virtual Revolution demain à 20h30 donc cela EST possible ! Il faut absolument que les spectateurs les plus avertis contactent les CGR de leur région et je vous assure que nous sommes ouverts à ce style de programmation ! Je reprends les termes de Maximilien Poullein qui dit à juste titre que la tendance cinématographique actuelle est générée par les spectateurs. Si les spectateurs se déplacent pour Radin ou Miss Peregrine, CGR programmera partout Radin et Miss Peregrine mais si les spectateurs se déplacent pour des films de genre et en l’ocurrence pour Virtual Revolution, CGR s’adaptera. Les spectateurs créent la tendance, personne d’autre ! Déplacez-vous, faites du bruit, contacter vos cinémas et Virtual Revolution sera reconnu à sa juste valeur. Nous, en tout cas, à Poitiers, on y a cru, on y croit et on continuera la promotion de ce film ! »

    • Effectivement, les cinémas sont de plus en plus réactifs envers les demandes des spectateurs et (pour CGR à Tours Centre) mettent en place des partenariat pour organiser des événements autour des films. Donc ne pas hésiter à tenter sa chance, ça peut payer… mais ça ne règle pas le problème de visibilité: pour toucher un public large, il faut une promotion had hoc.

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