Le prix de la passion

Les bibliothèques de jeux exhibées sur les réseaux sociaux m’ont toujours laissé songeur…

avertissement : je vais faire tout mon possible pour rester le plus neutre possible concernant un sujet qui me touche particulièrement, la citation d’humeur ci-dessus en atteste.

La petite ludothèque personnelle du président… enfin presque

Il est des sujets plus difficiles à aborder que d’autres et l’argent est le premier d’entre eux. Alors qu’elle occupe une place importante dans nos existences, la thune reste un sujet largement tabou… surtout quand il s’agit de faire le lien avec l’investissement financier dans nos passions. Dans notre société de consommation, accumuler et afficher semblent être la norme de ce miroir aux alouettes que constitue Internet (et les réseaux sociaux en particulier) : apparemment, l’enthousiasme ludique (parce que l’on parle beaucoup de jeu sur ce blog, pour les distraits qui ne l’auraient pas encore remarqué) se mesure à la surface couverte par votre bibliothèque (ou tout autre meuble de rangement, le modèle Kallax d’une célèbre marque suédoise remportant un succès certain).

Malheureusement, l’abondance financière (merci Emmanuel Fredenrich) n’étant pas le quotidien de tout un chacun et le marché actuel étant plantureux, difficile de ne pas se sentir frustré devant ses étagères vides… Bonne nouvelle pour tous ceux qui se reconnaissent dans le portrait dressé par la phrase précédente, il existe des solutions pour assouvir sa soif de jeux sans nourrir sa banque avec de plantureux agios. Et comme je ne perds jamais une occasion de partager mon savoir immense et de relire ma prose virevoltante (la preuve, c’est franchement magnifique cette tournure de phrase au vocabulaire admirable), voici quelques pistes pour les ludistes roublards qui veulent jouer sans se ruiner (ou considérablement limiter la casse).

Pour les plus matérialistes

Si vous ne pouvez absolument pas vous passer de la vue de boites empilées dans votre séjour, la patience sera votre meilleure alliée. Si vous êtes capables de tenir quelques mois, il est plutôt courant de trouver des promotions intéressantes sur des jeux neufs, sans parler d’opérations spéciales ou de déstockages. Il existe d’ailleurs un groupe Facebook où les ludistes partagent leurs bon plans du moment.

A moins que l’arrachage de film protecteur soit indispensable à votre existence, l’univers merveilleux de l’occasion vous tend les bras avec son cortège de (plus ou moins) bonnes affaires. Outre les sites d’annonces généralistes, il existe la plateforme dédiée Okkazeo où le risque de mauvaise surprise est relativement moindre, le ludiste étant connu pour sa méticulosité, ainsi que des groupes d’achat / vente entre particuliers sur les réseaux sociaux.

Pour les fans de changement

Que votre espace de stockage soit limité ou que la soif de découverte soit la plus forte, la location vous tend les bras et les possibilités sont nombreuses. Si la chance est de votre côté, vous disposez d’une ludothèque à proximité (ou d’une médiathèque avec un fond ludique), ce qui met à votre portée de nombreuses références pour une adhésion souvent modique. Disposant bien souvent d’un espace de jeux, vous pourrez également découvrir sur place pour faciliter l’apprentissage à vos futurs camarades.

S’il n’y a pas de tel établissement dans les parages, vous pouvez toujours faire appel à l’application le Grenier Ludique, qui propose un système de location (et vente également) entre particuliers. Ce service étant relativement récent (quelques mois), la base de données ne contient « que » 5000 titres et des bugs sont encore à signaler mais les utilisateurs lui accordent une note moyenne plutôt bonne de 4,3 sur 5. Bien entendu, cela fonctionnera mieux si vous habitez dans un bassin de population suffisamment dense.

Un accroc sur la boite et c’est 30% de réduction.

Pour trouver les jeux et les joueurs qui vont avec

Dans « jeux de société », il y a « société » et trop souvent les ludistes esseulés se retrouvent dans l’embarras au moment de remplir les autres chaises autour de la table de jeu. Là encore, les solutions ne manquent pas à commencer par les omniprésents réseaux sociaux généralistes ou dédiés comme Mégalithe, qui permet de trouver des joueurs par localisation, jeux ou communauté. N’hésitez pas à créer vos propres parties, vous serez étonnés du nombre de personnes qui cherchent d’autres joueurs…

Si vous n’êtes pas friands d’outils numériques, il ne vous reste plus qu’à vous déplacer dans les lieux où les ludistes se réunissent : bar à jeux et magasins spécialisés sont des lieux prisés par vos semblables, avec des boites à disposition pour jouer sur place et les conseils avisés des tenanciers qui organisent et/ou s’associent aux évènements (soirées à thème, brocantes, festivals…) et communautés ludiques locales. Si vous êtes friands de tournois, les boutiques sont également des acteurs incontournables pour le jeu organisé.

Et pour finir, comment ne pas vous parler des associations de jeu ? Généralistes (comme les ludipotes de Dans le Blanc des Jeux, de la MDJT, de Ludo Ergo Sum…) ou spécialisées dans un certain type de jeu (comme le Maelstrom Tourangeau pour les jeux de stratégie avec figurines), elles cumulent de nombreux avantages cités auparavant. Au-delà de la pratique, elles font souvent la promotion des activités ludiques pour tous, ce qui inclut la non-discrimination financière. Ou en termes moins alambiqués, ça coûte pas cher.

Pour parler d’un cas qui me tient à cœur (et dont je suis partie prenante, au cas où cela vous aurait échappé), De Cape et de Dés dispose d’une ludothèque bien garnie dont les jeux peuvent être loués (et qui fait également de la place à intervalle régulier) et d’une communauté de mordus prêts à faire découvrir leurs trésors personnels, partager des bonnes affaires, organiser des parties hors association et proposer une deuxième vie pour leur surplus (de la revente à prix cadeau au don pur et simple, en passant par le troc).

Passion ne rime pas (forcément) avec Pognon

Par nécessité ou par choix, il existe de nombreuses astuces pour jouer à moindre coût et j’en ai certainement oubliées au passage. Je vous invite d’ailleurs à laisser en commentaire vos adresses et combines (légales bien sûr) personnelles. Mais si j’ai écrit cet article, ce n’est pas uniquement pour partager des bons plans.

Contrairement à une idée trop répandue, votre ferveur ludique ne se mesure pas au nombre de boites qui encombrent votre habitation : à moins de vivre en compagnie d’acharnés comme vous, aurez-vous l’occasion de faire honneur aux dizaines de jeux en votre possession ? Personnellement, je préfère afficher fièrement le nombre de parties jouées plutôt qu’exhiber une collection, je ne me sens pas obligé de posséder un jeu que j’adore (croyez-le ou nous, malgré une centaine de parties, je ne possède pas Terraforming Mars) et je n’ai aucun souci pour offrir des jeux qui prennent la poussière chez moi. Si je devais résumer ma vision des choses en quatre mots, ce serais « empiler moins, jouer plus ». Et si je peux le faire sans me ruiner, c’est cadeau…

En vide grenier, on renouvelle pour peu la ludothèque des enfants… mais pas que.

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