D-Start, une boite qui en a sous le capot

Un article le dimanche soir à pas d’heure : les mauvaises habitudes sont tenaces… mais cette fois-ci, ça parle de jeu !

Les jeux de rôles ont de nouveau le vent en poupe : il suffit de compter le nombre de produits destinés à la découverte sortis ces deux dernières années (à mon compteur, 5 si l’on ne compte que les publication professionnelles), dont certains hors du circuit spécialisé, pour s’en convaincre. Chacun a ses qualités et ses défauts, mais il est est un qui a su me séduire pour deux usages bien distincts : c’est D-Start, créée par Fabien Fernandez pour les Éditions du Matagot.

D-Start 01

Une jolie boîte bien remplie…

D-Start se présente sous la forme d’une boîte qui contient tout ce dont vous avez besoin pour vous plonger dans le monde merveilleux des jeux de rôles et faire vos premières armes dans d’excellentes conditions. Avec un livret de règles court et didactique, un écran pour le meneur, 10 aventures inspirées des mondes de l’imaginaire, 50 fiches de personnages illustrées en couleurs et 45 dés spéciaux, il ne manque bien que les crayons de papier et les gommes…

Avec ses univers très typés (école de sorciers, apocalypse zombie…), il y a peu de chance de se retrouvé pris au dépourvu par des joueurs réfractaires avec D-Start. Les scénarios (disons plutôt les situations problématiques) sont classiques et linéaires, ce qui facilitera la tâche au meneur de jeu débutant mais constituera un canevas sur lequel un meneur avec de la bouteille pourra broder sans effort pour accompagner des joueurs qui aiment sortir des sentiers balisés.

Côté joueurs, les feuilles de personnages illustrées donnent envie de jouer et toutes les informations nécessaires pour se lancer sans passer deux heures à comprendre le système. Par contre, le meneur ne doit pas hésiter à bien faire lire le paragraphe Histoire, qui contient des éléments d’intrigue nécessaires au bon déroulement de la partie (en gros, éviter de tourner en rond pour rien). Mon seul regret : que les personnages ne soient pas déclinés en deux versions, masculine et féminine.

La partie technique est simple et efficace, avec un système qui pousse vers l’action cinématique. Pour résoudre une action incertaine, on lance autant de dés cubiques blancs que son score en Physique ou Mental (qui vont de 1 à 3) et on essaye d’atteindre un nombre de succès allant de 1 à 3. Les dés blancs ont un point (représentant un succès) sur trois faces, sachant que les avantages et désavantages du personnages peuvent s’appliquer, apportant un succès en plus ou en moins. Cela donne l’occasion aux joueurs d’optimiser leurs chances avec un peu d’imagination.

Il existe également des dés cubiques rouges, les Méta-dés, qui ont une double réussite ou un double échec (qui se soustraient ! ) sur leurs faces. Ils représentent la tension qui s’accumule dans le scénario et chez les personnages. Et le stress ne s’exprime pas toujours de la même manière, c’est bien connu. Les personnages reçoivent des Méta-dés lors d’évènements tendus (blessures, scène effrayante…) mais aussi quand le temps de jeu s’égrène : calibrés pour 90 minutes de jeux, l’action doit être menée tambours battants !

J’ai eu l’occasion d’éprouver D-Start dans deux circonstances différentes, avec le même succès à chaque fois. Testé en animation avec des enfants entre 10 et 12 ans, la boîte a séduit par sa simplicité, tant dans les mécaniques que dans les situations proposées. Le format court et scénario unique est parfaitement adapté à un jeune public jeune, vite dissipé et avide de changements. Le passage derrière l’écran n’est pas garanti mais si l’envie est présente, la structure des scénarios est suffisamment claire et balisée pour faciliter la tâche.

D-Start donne aussi toute la mesure de son potentiel en festival avec un public de rôlistes débutants ou occasionnels. Avec ses univers évocateurs et ses parties rapides, les festivaliers trouvent facilement un moment pour glisser un peu de jeu de rôle dans leur programme souvent bien chargé. Dans ces circonstances, la mécanique des Méta-dés donne son plein potentiel et encourage les joueurs à jouer vite et aller de l’avant, ce qui limite les débordements horaires (la durée des parties étant l’une des inquiétudes récurrentes des novices).

En bref, D-Start contient (presque) tout ce dont vous avez besoin pour (faire) découvrir les jeux de rôle dans de bonnes conditions. Pour 35€, il me semble compliqué de trouver un outil multi-univers aussi complet et de qualité, avec un bon équilibre entre accessibilité et richesse. Certains pinailleront sur les dés spéciaux qui n’en sont pas vraiment (avec des probabilités d’une chance sur deux, n’importe quel dé peut faire l’affaire) et le manque de crayons (pour un véritable clés en main) mais ce n’est vraiment rien comparé aux grandes qualités de cette boite. Dans le genre fast and furious, j’ai rarement vu des mécaniques aussi bien huilées sans avoir à mettre les mains dans le cambouis…

2 réflexions au sujet de « D-Start, une boite qui en a sous le capot »

    • * Oh le bonheur, l’auteur nous répond !!! *

      Merci à toi d’avoir créé ce bel outil qui me rend bien des services. Autant dire que c’est devenu un incontournable en salon pour ce qui me concerne par sa souplesse et son accessibilité. Et je ne suis pas le seul à être convaincu sur Tours car l’un de nos contributeurs (Nico pour ne pas le nommer) l’utilise pour des sessions découverte en boutique et me l’a chaudement recommandé. Je crois même qu’il devait écrire un truc dessus mais je lui ai grillé la politesse 😉

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