Bored Games 2 : Concrete Jungle

Aujourd’hui, dans ce deuxième article de Bored Games, on parle encore de jeu vidéo.
Cette fois, on va s’intéresser au deck building avec un petit jeu à points : Concrete Jungle.

La vie est une jungle urbaine

Dans Concrete Jungle, le joueur va devoir construire une ville au mieux de ses capacités, en solo ou en vs jusqu’à 4 joueurs.
Pour cela, il faudra choisir un deck de départ (12 cartes) et faire les bons choix en cours de partie.
L’objectif du jeu est simple : obtenir un certain nombre de points sur chaque colonne.
On prend toujours en compte la colonne la plus en bas à gauche. Dès qu’elle est pleine ou qu’elle atteint le seuil de points, elle est validée puis décalée et une nouvelle colonne apparaît en haut à droite, déplaçant le plateau de jeu et offrant de nouveaux espaces pour continuer encore et toujours à étendre notre ville.

Pour atteindre ces seuils de points, on dispose de plusieurs catégories de bâtiments, mais que nous pouvons diviser grossièrement en deux : les habitations et le reste.
Les habitations servent à marquer les points d’une case particulière.
Le reste est là pour modifier la valeur en points des cases du plateau, et remplir les jauges d’économie et de dépenses.
Pour donner un exemple, en prenant l’image plus haut, les cases bleues des cartes violettes à gauche indiquent une augmentation d’un point de la valeur des cases adjacentes diagonales/orthogonales.
Une fois un bâtiment posé, les lieux alentours gagnent ou perdent en valeur en fonction de la couleur. Bleu = +1 point, Rouge = -1 point, et certains bâtiments avancés ont des modificateurs à +2/-2.

Capture d'écran
Un bourgeon de ville, encore naissant

Jusqu’à présent, rien de compliqué. Le tour se déroule ainsi : on joue une carte parmi les deux premières de sa main, puis on décale les cartes d’un cran vers le haut et on en pioche une nouvelle, qui arrive tout en bas.
Attention, on ne peut bien jouer que les DEUX premières cartes de sa main, les trois suivantes ne sont visibles que pour pouvoir anticiper les coups suivants.

Nous avons également une valeur jaune et une valeur orange sur ces cartes, dans le coin en haut à droite.
Ces deux valeurs sont le gain d’économie et le coût (dépenses) de la carte.
Ces deux même couleurs se retrouvent en haut à droite de l’écran, avec la jauge d’économie et de dépenses.
La jauge d’économie, en jaune, lorsqu’elle est pleine, permet d’acheter de nouvelles cartes ou capacités pour son deck.
La jauge de dépenses, en orange, lorsqu’elle est pleine, augmente les attentes de la population et donc le seuil de points à atteindre sur chaque colonne pour satisfaire les habitants.

Pour faire simple : les bâtiments qui favorisent l’économie (usines, industries, bureaux) ont généralement un impact négatif sur le voisinage, mais permettent d’accélérer la croissance de la ville. Les bâtiments qui améliorent le voisinage (bibliothèques, écoles, supermarchés) ont un coût élevé, mais permettent de satisfaire les exigences des habitants.
Le tout étant de savoir placer les bons bâtiments aux bons endroits et de créer ainsi des quartiers spécialisés, afin que chacun trouve sa place sans être dérangé par les voisins.


Un cast coloré, avec le fameux Captain Caribou, protecteur de la ville !

Pour ce qui est de la variété de jeu, Concrete Jungle n’est pas en reste, avec 8 personnages possédant chacun des capacités et un style de jeu particulier.
En effet, chaque personnage dispose d’un arbre de talents qu’on peut débloquer en dépensant un achat à la place d’une carte. Ces talents sont souvent très intéressants, mais il y a un hic !
Chaque talent (tout comme les cartes à acheter, d’ailleurs) est classé en rangs.
Blanc = rang 2, Vert = rang 3, Bleu = rang 4, Violet = rang 5, Jaune = rang 6
Et le rang 1 ? Les cartes de départ, avec lesquelles on construit son deck initial.

Quand on veut acheter une carte, on ne peut choisir que parmi 4 cartes tirées au hasard dans les rangs disponibles.
Au début, les joueurs n’ont accès qu’aux rangs 1 et 2. Pour accéder aux autres, il faut effectuer un certain nombre d’achats de cartes.
De cartes ! Pas de compétences !
Pour débloquer certaines compétences (et accéder à des cartes de rang supérieur également) il est donc important de gonfler d’abord son deck.
Heureusement, certaines cartes sont à usage unique (et disparaissent du deck ensuite) tandis que d’autres permettent de retirer définitivement du deck d’autres cartes, histoire de faire le ménage, comme dans tout bon deck building qui se respecte. Le joueur conserve donc tout du long un assez bon contrôle de ses cartes (mais attention à ne jamais descendre en dessous de 12, sinon des problèmes administratifs surviennent !).


N’oublions pas les villes rurales, qui ont également leur charme

Pour finir cet article, parlons un peu du multijoueur, partie des plus intéressantes !
Contrairement au mode solo qui vise la survie jusqu’à atteindre une certaine taille de ville, le mode multijoueur divise la ville en 3.
1 Tiers de la ville est réservé à une équipe, 1 autre tiers à l’équipe en face, et le dernier tiers est au milieu, accessible aux deux.
Les joueurs ne peuvent alors poser des bâtiments que dans les parties communes ou dans leur quartier réservé, à raison de 3 bâtiments par joueur avant de passer la main au suivant.

De plus, l’objectif change.
Il n’est plus nécessaire d’atteindre le seuil de points demandé à chaque colonne (ce qui serait difficile avec une moitié de ville)
A la place, le but est d’obtenir le plus de points au total une fois la ville entièrement construite (limite de taille du plateau)
Mais il y a quelques subtilités.
Si l’une des équipes atteint le nombre de points nécessaires à la validation d’une colonne, il obtient également les points de l’équipe adverse une fois la colonne validée (car on n’oublie pas que seule la colonne la plus en bas à gauche peut être validée, ce qui retarde la validation des autres colonnes tant que la première n’est pas terminée)
Et si les deux joueurs ont passé le seuil, alors c’est la plus haute valeur des deux qui s’empare de l’ensemble.


Du fun de 7 à 77 points

Passons à quelques exemples :

L’équipe bleue a un seuil de 6 points. L’équipe rouge a un seuil de 8 points.

L’équipe bleue possède 5 points, l’équipe rouge en a 4. Chaque équipe marque ses points respectifs, car aucune n’a atteint son palier.
L’équipe bleue possède 6 points, l’équipe rouge en a 7. L’équipe bleue marque 6+7 = 13 points car elle a son palier mais pas la rouge.
L’équipe bleue possède 6 points, l’équipe rouge en a 8. L’équipe rouge marque 6+8 = 14 points car les deux paliers sont atteints et elle possède le plus grand nombre de points.

Cas pratique :

L’équipe bleue possède 6 points, l’équipe rouge en a 3. L’équipe bleue marque normalement 6+3 = 9 points.
MAIS
Voyant ses chances de surpasser son adversaire bien maigres, l’équipe rouge décide de plomber son quartier en implantant des usines et passe à -2 points
L’équipe bleue marque alors 6-2 = 4 points
SAUF QUE
Voyant ça, l’équipe bleue qui est à la limite de son palier fait de même et perd un point, descendant à 5, puis valide la ligne dans la foulée
Aucun des deux paliers n’est atteint. L’équipe bleue gagne donc ses 5 points et l’équipe rouge écope de ses -2 points.

Voilà donc le genre de bataille qu’on peut se livrer en multijoueur !
Autant dire qu’il faut s’accrocher, personne n’est à l’abri d’un retournement de situation.

Voilà, nous avons fait le tour de ce fabuleux petit jeu de deckbuilding
Il possède un thème fort très bien exploité, de nombreuses subtilités de jeu (on a pas parlé des liens et des bonus de proximité), une grande rejouabilité, bref, il ne lui manque malheureusement qu’un mode multijoueur en ligne, celui-ci étant limité au jeu local, à faire donc quand on invite des amis à la maison !

Amusez-vous bien !

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