Aventures initiatiques d’un joueur – partie 1

Bonjour je m’appelle X, j ai 46 ans et je vais vous conter mes aventures.

Il y a plus de 32 ans de cela j’ai vu dans la vitrine d’un magasin de jouets une boite de jeu qui me faisait rêver… Une boite rouge avec une belle image (à mon sens) représentant un guerrier en train de lutter contre un dragon installé sur un trésor. Le titre de ce jeu dont j’ignorais tout ? Donjons et Dragons…. Je suis immédiatement rentré chez moi et ai demandé à ma mère de me le procurer à la prochaine occasion. Seulement voila, je me suis vu objecter « c’est quoi ce jeu ?  » et  » tu ne sais même pas en quoi ca consiste… » : bref mon jet de compétence persuader ou marchandage était un échec cuisant. Je me suis donc contenté encore pendant quelques temps de ma propre imagination pour élaborer des histoires à l’aide de mes jouets en plastiques, comme cela se faisait à cette époque. Mais c’était sans compter sur une certaine tendance a l’entêtement… Ah oui j’oubliais, nous  étions au mois d’août de l’été 1984.

Deux ans plus tard, alors que mes parents s’inquiétaient de me voir peu intéressé par la lecture, je trouve dans une revue une publicité pour un Livre Dont Vous Êtes le Héros (ou LDVEH pour les intimes). Utilisant cette appréhension à bon compte, je me fait offrir le premier (enfin mon premier), la Sorcière des Neiges. Et l’effet s’est avéré exponentiel : dès le premier j’étais passionné voire fasciné par cette magie qui permet d’agir sur l’histoire et la rendait à mes yeux plus vivante. Rapidement de un je me retrouve à 10 puis plus ; l’été suivant je suis à la tête d’une petite collection d’une cinquantaine d’ouvrages de séries variées telles que Défis Fantastiques, Loup Ardent, Sorcellerie ou Loup Solitaire. Je découvre par ailleurs que d’autres collections existent (saga du prêtre Jean par exemple). A ce stade, l’épreuve de marchandage s’était transformée en manipulation… mais était un succès. A l’automne 1986, me rendant à ma librairie habituelle, je vois dans la vitrine un coffret ressemblant beaucoup à un livre dont vous êtes le héros d’une autre série : l’Œil Noir

Outre une nouvelle édition de LDVEH (Donjons et Dragon), je me retrouve au noël 1986 avec deux coffrets de l’Œil Noir, Initiation au Jeu d’Aventure et les Accessoires du Maître. Il a fallu attendre le printemps suivant pour trouver une bande suffisamment conséquente pour vivre ma première vraie aventure de rôliste. Du reste pour cette première j’étais joueur et nous étions tous débutants, même le maître… L’aventure ? Les Sept Coupes Magiques. Mon personnage était un elfe et portait le nom de Loup d’Argent en référence à la série Loup Ardent que j’avais dévorée (à noter que je n’étais pas le seul puisque l’un d’entre nous portait ce nom). Nous sommes donc entrés dans ce temple comme ceux qui ont vécu cette aventure le savent. A mon grand age les souvenirs s’estompent mais je me souviens avoir commis les erreurs typiques des débutants. Tout d’abord, j’ai vite compris que le manque de force de mon personnage n’en faisait pas un combattant : je préférais donc tirer à l’arc de loin et rester à côté de la sorcière (qui cela dit en passant nous servait de soigneur). Mais l’erreur quoique partielle fut d’utiliser la magie à outrance et surtout de façon exclusivement offensive (erreur fondamentale pour un personnage de bas niveau). Tant et si bien qu’à la fin de l’aventure, complètement nu par un artifice que je ne peux dévoiler sous peine de spoiler, j’ai du affronter ce qu’il convient d’appeler le « boss final » sans équipement, avec la moitié de mes points de vie et le tiers de ma réserve de magie. Au final, par la grâce du maître et l’aide de mes coéquipiers, je me suis sorti vivant mais comateux de cette aventure, mon personnage passant en une aventure du niveau 1 au niveau 3 !!! De mémoire, ce fut la seule aventure de Loup d’Argent mais j’avais contracté le virus

Rapidement d’autres jeux se présentèrent. Dans les récurrents se trouvait l’Appel de Cthulhu, dont j’ai appris qu’il ne fallait pas trop s’attacher à son personnage : Lord Brett Sinclair n’a donc vécu que trois aventures, laissant disponible sur son cadavre son Luger et trois boîtes de balles qui ne serviraient jamais. Il me fallut quelques temps pour appréhender le fait que le jeu de rôle n’intéressait pas forcément tout mon entourage et je dut me résigner à admettre qu’une partie du-dit entourage trouvait cette passion régressive…

A suivre….

8 réflexions au sujet de « Aventures initiatiques d’un joueur – partie 1 »

    • L’oeil noir, dans les années 80, c’est deux éditions: la gallimard en librairie et la schmidt france, en magasins. Pour l’anecdote, j’ai acheté ma boite schmidt en décembre 1987 à Carrefour (oui Carrefour!) St Serge à Angers.

  1. Pour ma part les LDVEH m’étaient fournis par la bibliothèque municipale et ma première aventure s’est déroulée au centre de loisirs, je devais avoir 10-11 ans mais je ne me souviens plus du jeux :/

    • Idem pour les LDVEH, je les ai d’ailleurs découvert en classe au sein d’une sélection faite par une bibliothécaire qui était venue nous vanter les mérites de la lecture; j’étais en CM1 et c’était l’Épreuve des Champions. Un an plus tard, j’ouvrais le Livre des Règles de la collection Terres de Légendes et mon univers ludique allait être bouleversé à jamais…

  2. La sorcière des neiges est peut-être le seul LDVELH où le « boss » éponyme est vaincu à un quart du récit et on a tout le reste de l’histoire pour rentrer chez soi et se soigner au passage d’une maladie venurienne^^

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