Aventures initiatiques d’un joueur – partie 2

Vous l’attendiez avec impatience (ou pas), voilà la suite de mon parcours rôliste

Maléfices, le joyau interdit

Durant l’année 1988, j’enrichissais ma liste de jeux de rôles au rang desquels on pouvait trouver Maléfices. Je dois avouer ne pas avoir eu le cran de mener un seul scénario à l’époque, étant un peu effrayé par ses règles simplistes et n’ayant pas encore mis le rôle au centre de mes tables en lieu et place des règles. Je n’avais d’ailleurs pas encore eu le courage de mener un jeu de rôle en règle générale… Mon expérience de murderiste (néologisme désignant un pratiquant de jeu de rôle grandeur nature en format court – NDLR) d’aujourd’hui m’a poussé à rouvrir ces boîtes, Maléfices développant effectivement le côté théâtral des jeux de rôle.

Maléfices 3ème édition

La troisième édition de Maléfices, le jeu d’occulte dans la France de la Belle époque

Runequest, première campagne marquante

Mon activité rôliste a connu un essor important à partir de mon entrée au lycée. Là, j’ai mémoire de campagnes qui duraient des nuits entières; la première qui me revienne est Runequest. Au delà de l’univers médiéval somme toute assez classique, c’est peut être la première fois que j’endossais réellement un rôle au sens propre, de surcroit un rôle féminin… Mon personnage était une garde de la ville qui à l’origine maniait la hache. Chose remarquable, la première aventure de cette campagne s’était déroulée durant l’enfance de nos personnages, ce qui explique certainement que je me sois attaché à ce personnage. Je dois avouer qu’encore aujourd’hui cette idée me séduit et qu’il n’est pas impossible que je me l’approprie pour la faire rejouer. Le nom de mon personnage était ( et est encore puisqu’elle n’est pas morte) Shankara.

Le fait est qu’après cette aventure d’enfance (qui avait créé des liens entre les personnages à la table), nous avons vécu notre premier scénario en adulte. Aventure à l’issue de laquelle, grâce à une erreur de téléportation, nous nous sommes retrouvés dans un endroit inconnu, une espèce de caverne dont l’entrée principale était la bouche d’une gigantesque statue. Après une enquête assez compliquée nous avons compris qu’il s agissait d’une divinité d’une tribu d’autochtones primitifs qui effectuaient régulièrement des offrandes devant leur idole. Nous avons pris la décision de rester ainsi, profitant de ces offrandes et des lieux qui s’avéraient accueillant. Durant plusieurs mois, nous disposions de temps libre, que chacun d’entre nous mit à profit pour s’entraîner, apprendre, etc… et Shankara avait décidé de se perfectionner en arts martiaux. Au bout de 6 mois elle atteignit le score de 67% (ce qui est considérable pour Runequest – NDLR).

Malheureusement à cette même période, nos fidèles raréfièrent leurs offrandes : leur divinité n’avait pas fait grand chose pour eux depuis longtemps… Il nous fallait donc refaire nos sacs et reprendre la route, le but était évidemment de rejoindre nos pénates. Après moultes péripéties nous avions enfin localisé la direction de notre ville d’origine. Mais quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous avons pris conscience que le gouvernement avait changé et que notre fuite involontaire nous avait relégué au rang d’ennemis publics ! Animés d’une volonté de vengeance extrême, nous sommes entrés furtivement  dans le palais pour mettre fin aux agissements des nouveaux princes (nuisibles à nos yeux). Il nous fallut pourtant prendre la fuite par les égouts, n’étant pas assez expérimentés et armés pour arriver à nos fins.

La scène de fuite est restée gravée dans ma mémoire : sur le fleuve, à bord de deux barques, nous somme poursuivis par la nouvelle garde également sur des barques. Étant plus nombreux ils n’eurent pas de mal à nous rattraper et à tenter de nous tuer. Dès la première attaque, mon compagnon de barque se retrouva avec sa rapière bloquée dans la poitrine d’un adversaire (à noter que j’ai lu récemment un article témoignant de cette « coquille » dans les règles du dit jeu). Étant en cotte de mailles intégrale, il m’était recommandé de ne pas tomber à l’eau… La fin du combat fut épique : 5 gardes connurent la mort grâce à mes compétences en arts martiaux et à leur armure bien trop lourde. Je sauvais par la même occasion mon compagnon d’aventures mais nous n’avons jamais réellement libéré la ville.

runequest

RuneQuest, l’un des premiers concurrents sérieux de Dungeons&Dragons

Hauts et bas d’une vie de rôliste

De nombreuses autres campagnes ou successions de scénarios ont émaillé ma vie de rôliste durant ces années. Il y eut également des vies de personnages plus courtes, non qu’ils soient morts mais le manque de temps et les aléas de la vie ont eu raison d’eux… Je regrette par exemple de n’avoir pas plus joué à Psy World, un jeu de super héros (enfin de personnes dotées de pouvoirs) qui n’existait qu’en anglais. Mais n’ayant repris les jeux de rôle que depuis 3 ans, je me rends compte que cela est malheureusement quasi inévitable…

2 réflexions au sujet de « Aventures initiatiques d’un joueur – partie 2 »

  1. Mon parcours s’est tourné vers le rival de RuneQuest, Dungeons&Dragons (AD&D2 pour être précis) puis Pendragon qui fut mon premier jeu motorisé par le Basic Roleplaying. J’ai maitrisé ces deux jeux pour le club jeune que je fréquentais, ainsi qu’INS/MV et Star Wars d6. Et contrairement à toi, je n’ai pas eu de gros break dans ma pratique et ça m’a coûté quelques années de fac 😉 …

    Plus je te lis et plus j’ai envie de faire la même chose 😉

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