Your Name : Makoto Shinkai sort de l’ombre

Après une entrée plus que fracassante au Japon, Your Name est le premier film du réalisateur Makoto Shinkai à être diffusée sur les toiles françaises. Il est l’un des plus grands phénomènes au box-office nippon, seulement devancé par (excusez du peu) Le Voyage de Chihiro, Titanic et La Reine des Neiges : il a réussi dès les trois premières semaines sur l’archipel à détrôner les plus grosses productions telles que Harry Potter, Princesse Mononoke ou bien encore Le Château Ambulant.

your-name-03Pour un peu que l’on s’intéresse à l’animation japonaise, Makoto Shinkai est loin d’être un inconnu. On lui doit, entre autres, quelques petits bijoux de l’animation tel que La Tour au-delà des Nuages et le très plébiscité Voyage vers Agartha (à titre personnel, je préfère le moyen métrage The Garden of Words – NDLR). Il est pour ainsi dire, considéré comme l’un des nouveaux prodiges japonais, qui pourrait bien « remplacer » un jour le très grand maitre Hayao Miyazaki. En effet, depuis les publications officielles annonçant que les studios Ghibli allaient ralentir leur production, les japonais recherchent de nouveaux maitres pour reprendre le flambeau. Il est donc très souvent comparé aux grands noms de ce studio. Je trouve pour ma part ce parallèle très décevant et réducteur car c’est comme s’il on voulait comparer Le Seigneur des Anneaux avec Star Wars : aucun intérêt, les deux sont des succès dans leur genre mais difficilement comparables, à part sur le nombres de ventes ou le box-office. J’aime et j’adore les animations du studio Ghibli mais je n’en pense pas moins de ce réalisateur d’un genre nouveau, qui mêle cultures traditionnelles et contemporaine, conte de fée et dure réalité…

your-name-05Your Name est pour moi une véritable réussite. Sans ménagement nous sommes plongé au cœur de la vie de Taki et Mitsuha. Nous traversons avec eux leur quotidien, leur vie, on apprend à les connaitre en même temps qu’eux apprennent à se connaitre. Car oui, nos deux protagonistes, pensant rêver, se rendent compte qu’en réalité ils entremêlent leurs consciences et prennent la place l’un de l’autre.

Bien sûr on pourrait penser qu’il n’y a rien d’original dans cette affaire, le thème étant largement utilisé en animation japonaise. C’est là que le génie du réalisateur intervient dans une mise en scène très rythmée et magnifiquement arrangée. Les deux personnages ne se rendent pas compte tout de suite de ce qui leur arrivent et ont bien du mal à gérer la situation. Le spectateur est d’ailleurs à multiples reprises mis à la première personne afin de ressentir ce que les personnages vivent dans cette situation rocambolesque. Et puis ils oublient, ne savent plus où est le vrai du faux, l’onirique ou la réalité. En tant qu’observateur on a un peu l’impression d’être le gardien de leur histoire.

On pourrait croire que plus d’une heure et demi sur le thème pourrait vite nous lasser, et on n’aurait pas tort. Au moment où l’histoire de base commence à s’essouffler, le deuxième acte repart sur les chapeaux de roue jusqu’à nous étonner tellement le dénouement est inattendu.

your-name-06En ce qui concerne l’animation, je n’ai également pas grand-chose à redire. Comme toute production du genre, le souci du détail est poussé à l’extrême, les effets sont magnifiques, les paysages mis en valeur. En gros, c’est beau, c’est cohérent, le scénario est très bien ficelé et le design coupe le souffle.

Cependant, comme expliqué au début de cet article, si vous pensez aller voir un digne repreneur du flambeau Ghibli, il n’en sera rien. Mais je vous invite quand même à aller le voir car vous aller rire, pleurer (ou presque), rager et surtout, le plus important, vous émerveiller ! L’histoire vous emporte dès les premières secondes et ça ne vous lâche plus jusqu’à la fin !

Dernière note particulièrement positive, la musique du groupe japonais RADWIMPS. Très importante et présente, elle sert la plupart du temps aux transitions et d’appui aux diverses scènes du film, non pas comme thème mais plutôt comme accompagnement.

your-name-affiche-02

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Une réflexion au sujet de « Your Name : Makoto Shinkai sort de l’ombre »

  1. Un peu septique au premier abord, j’ai énormément apprécié le film. Le début est en effet assez « banal » l’échange de corps avait été déjà pas mal abordé par la japanimation, et je craignait de voir un « Kokoro Connect » qui ne pourrait pas avoir assez de temps pour développer l’enjeu de cet échange de corps. (On ne peut pas faire la même chose en 2 heures de métrages et en 17 x 20min) cependant la seconde partie met en place un enjeu (et quel enjeu !) et gomme tout d’un coup le scepticisme qu’on pouvait avoir sur certaines situation (genre : pourquoi vous utilisez pas vos portables pour vous contacter et mieux gérer vos vies à distance ?). Je parle du scénario mais, évidemment, l’animation est aux petits oignons la musique arrive à prendre au tripes et la « photographie » vraiment superbe. Les dernières scènes cependant me semblent un peu superflues ce qui rend la dernière minute de métrage un peu longuette à mon gout.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *