La déduction par les joueurs – The Resistance

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The Resistance est un jeu de cartes à identité secrète de Don Eskridge et édité par AsHomoludicus, Indie Boards and Cards et Edge Entertainment en France. Sorti en 2010, The Resistance a connu plusieurs éditions qui ont notamment amélioré le plateau de jeu – à savoir le rappel des conditions de victoire selon le nombre de joueurs. Il existe aussi une version alternative, The Resistance : Avalon se déroulant dans l’univers de la table ronde est modifiant quelques points de règles. Nous y reviendrons vers la fin de cet article.

 

TheResistance Boite

 

L’objectif du jeu est simple : le gouvernement oppressant et corrompu doit être combattu et les résistants devront réussir trois missions de sabotage afin de remporter la victoire. Evidemment rien n’est aussi simple car des espions se sont infiltrés dans l’organisation et auront comme objectif de faire échouer trois missions. Qui sera le plus rapide à accomplir son objectif ? Comme tous les jeux du genre, deux types d’indices aideront le joueur à découvrir l’identité secrète de l’adversaire : les indices inhérents au jeu lui-même et les indices résultants des joueurs. Le système de The Resistance se repose principalement sur les seconds, l’évolution du jeu donnant des indices sur les identités de chacun mais c’est uniquement les interactions entre les joueurs qui pourront permettre aux résistants de remporter la victoire.

Les règles de The Resistance sont simples : chaque joueur reçoit face cachée une carte allégeance faisant de lui un résistant ou un espion du gouvernement. Ces derniers prennent connaissance des uns et des autres avant de commencer la partie. Un chef d’équipe, désigné aléatoirement pour commencer, choisi alors arbitrairement un certain nombre de joueurs qu’il envoie en mission, nombre déterminé par le nombre de participants autour de la table. Tous les joueurs sont alors appelés à voter pour ou contre cette formation. Si la majorité rejette la composition du groupe, le rôle de chef d’équipe passe alors au joueur suivant et la boucle recommence. Si à l’inverse la majorité approuve l’escouade, chacun des joueurs en faisant parti choisi discrètement une carte réussite ou une carte échec qui seront alors réunies, mélangées puis dévoilées. Il suffit d’une seule carte échec pour faire rater la mission. La mission réussie ou non, le rôle de meneur tourne et la phase de jeu se répète. Le jeu se décline en maximum cinq phases – puisqu’il faut qu’un camp remporte trois missions – celles-ci nécessitant de plus en plus de membres de la résistance à chaque fois ce qui rend toujours plus compliquée la composition des équipes.

Les indices donnés directement par le jeu se résument donc aux cartes échec dévoilées lors de la résolution d’une mission. Le nombre de joueur à envoyer au fur et à mesure du jeu augmentant continuellement, il est impossible de simplement refuser d’envoyer les membres d’un groupe ayant échoué lors des compositions suivantes et il sera alors essentiel de réussir à deviner qui est espion et qui ne l’est pas. Le jeu incite grandement les joueurs à partager, à discuter, à élaborer des déductions et surtout à échanger les uns avec les autres. Le jeu repose quasi exclusivement sur ce bluff, l’analyse du jeu étant indispensable pour remporter la victoire. A l’inverse d’un Shadow Hunter ou d’un Mr. Jack, aucune réponse certaine ne sera donnée aux joueurs concernant l’alignement d’un autre, tout ne reposant alors que sur des déductions de composition d’équipes. Il sera aussi essentiel de convaincre les autres joueurs de son innocence – que l’on soit résistant ou espion – pour remporter la victoire, ou bien de déplacer les suspicions sur les autres.

Il existe des variations du jeu de base en ajoutant des cartes personnages ayant des pouvoirs spéciaux mais cela donne une place plus importance aux mécanismes du jeu lui même que sur cette interaction entre joueurs. Le jeu The Resistance : Avalon propose une variante à mon avis bien plus intéressante.

 

TheResistance Avalon

 

La version The Resistance : Avalon se situe donc dans le monde merveilleux de Bretagne, les joueurs étant alors au service du roi Arthur. Le principe du jeu est globalement identique à l’exception de deux ajouts principaux qui donnent une nouvelle dimension au jeu. Tout d’abord, la Dame du Lac fait son apparition et permettra à un joueur de découvrir l’identité de son prochain, désigné arbitrairement par celui-ci, qui aura alors la possibilité de faire de même au tour suivant. Le second ajout est la présence de Merlin, résistant qui connait l’identité des espions dès le début de la partie. Cela donne un avantage indéniable à l’équipe du roi mais qui est contrebalancé en fin de partie. En effet, si la table ronde réussie trois missions, les espions se révèlent alors et l’un d’entre eux, l’assassin, aura la possibilité comme ultime action de tenter de découvrir l’identité de Merlin. Si il réussit, la victoire change alors de camp et les espions l’emportent. Cette variation offre une façon de jouer intéressante pour Merlin qui devra alors faire profiter son équipe de ses connaissances et envoyer les bonnes personnes en mission tout en restant assez discret pour ne pas se dévoiler.

Cependant la présence de règles permettant de découvrir de façon certaine l’identité de certains joueurs, qu’il s’agisse de Merlin lui-même ou de l’utilisation de la Dame du Lac, change un fondement du jeu original à savoir la place centrale du bluff des joueurs de par l’absence d’indices certains donné par le jeu. The Resistance : Avalon me parait alors plus accessible que The Resistance classique, reste excellent mais ne propose pas exactement le même genre d’expérience.

A l’inverse d’un Mr. Jack qui repose sur un système simple et des règles claires permettant au joueur de déduire de manière certaine l’identité des autres joueurs, The Resistance dans sa version classique repose principalement sur les interactions entre les joueurs que son système de jeu, épuré mais très efficace, favorise grandement. Le jeu n’est alors pas aussi accessible que d’autres du même genre mais cela au profit d’une expérience unique. Un essentiel pour les adeptes de jeu à identité secrète.

 

TheResistance Pions

 

© Images tirées du jeu The Resistance, conçu par Don Eskridge

2 réflexions au sujet de « La déduction par les joueurs – The Resistance »

  1. Ping : La déduction par le jeu – Mr. Jack | De cape et de dés

  2. Je suis content d’avoir essayé The Resistance mais ce n’est pas un jeu pour moi : il n’y a pas à proprement parler de mécanique de déduction donc la victoire / défaite repose sur… la chance ? Ce genre d’ambiance (et pourquoi pas de mécanisme) me séduirait dans une murder ou un story game, avec une véritable incarnation de personnage et de véritables interactions. En l’état, j’ai l’impression de jouer aux devinettes sans aucun soutien. La version Avalon me tente déjà plus car elle tente de gommer ce sentiment d’abandon du joueur.

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