Polar Base – Le cinéma sur un plateau

La période d’Halloween provoque, dans mon entourage, une frénésie d’horreur annuelle qui se transmet de génération en génération. Projection de films de genre, jeux de rôle Cthulhuien et jeux de plateau thématiques, tout est bon pour agrémenter la période la plus candy de l’année.

Polar Base, un jeu de Jérôme Larré et Ludovic Papaïs, présente le grand avantage de regrouper les deux : ludique et cinéma, dans un jeu narratif tout à fait sympathique, mais ô combien difficile.

Les aficionados du film d’horreur connaissent sans doute The thing de John Carpenter (1982), film au cours duquel une joyeuse bande de scientifiques en Antarctique se fait petit à petit dévorer par une créature venue de l’espace cent mille ans plus tôt et malheureusement décongelée par des Norvégiens (la Russie aurait dû les occuper plus tôt…). Un film qui fait toujours son effet malgré son âge et ses effets spéciaux maintenant kitchs, bien rythmé, et malheureusement inutilement imité par une préquelle éponyme plus récente  sans grand intérêt.

Polar Base est à la base un jeu de carte, dans la droite ligne d’Il Était une Fois, où chacun interprète un metteur en scène qui doit faire ses preuves en tant que réalisateur dans la toute nouvelle production de cinéma hollywoodien : concevoir un film prenant place dans une station de recherche en Antarctique, dont l’issue est inévitablement la mort de tous les acteurs. Sympathique….

Chacun choisit donc un acteur fétiche parmi les neuf qui sont proposés comme archétypes, et tout commence par finir mal. Vous n’avez pas compris?

L’originalité de Polar Base est qu’on commence par raconter la fin du film (comme dans Memento de Christopher Nolan, deuxième référence cinématographique, tiens tiens – NDLR), et que l’on remonte de scène pour expliquer comment tout cela est arrivé, comment de sympathiques savants en sont arrivés aux mains.

L’histoire commence donc par la mort du dernier des survivants, et chaque joueur à son tour remonte d’une scène en arrière, décrivant le carnage à l’envers, et devant rester systématiquement cohérent avec les récits précédents, enfin… suivants. On expliquera donc pourquoi les personnages étaient là, et avaient trouvé ce qu’ils avaient en main au moment où ils ont tranché en deux la tête du biologiste avec une pelle à déblayer la neige.

Afin d’aider les joueurs dans cette difficile tâche, des cartes Production représentant des objets ou des figurants sont distribués, chacun figurant un élément soit à utiliser dans son propre récit – ceux-ci étant souvent ambivalents comme un extincteur à moitié rempli qui peut encore servir ou avoir déjà servi – soit pour interrompre le récit des petits copains par une question adaptée : « Mais qu’avait le maître chien dans sa poche? » en lui tendant la carte « Prothèse mammaire ». La malheureuse victime devra alors expliquer comment son acteur fétiche est arrivé en possession du-dit objet, et ce qu’il en a fait ensuite.

Un système de points permet aux joueurs de récompenser l’inventivité de ses camarades, mais il n’est franchement pas nécessaire : l’intérêt du jeu est dans la co-construction d’un récit stéréotypé qu’on prendre plaisir à tordre au gré de sa perversité, et qui sait…. qui sera peut être un jour un grand film?

2 réflexions au sujet de « Polar Base – Le cinéma sur un plateau »

  1. Alors, c’est sorti en 2012, chez la Boite à Heuhh. A ma connaissance, ce n’est plus disponible, sauf d’occasion.
    J’ai un exemplaire playtest, qui est disponible au prêt bien sûr!

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