Différentes propositions de deckbuilding – Dominion & Star Realms

Depuis quelques années maintenant, le genre du jeu deckbuiding a su s’imposer sur le devant de la scène ludique. Dominion est un jeu créé par Donald Vaccarino, édité par Filofofia et sorti pour la première fois en 2008 est un des jeux ayant le plus participé à cette démocratisation du genre. Star Realms est un jeu résultant d’un projet Kickstarter de 2013 réussi et sorti l’année suivante. Le jeu est édité par White Wizard Games et créé par Robert Dougherty, déjà co-créateur d’un autre jeu du genre, Ascension, et de Darwin Kastle, ancien champion de Magic : The Gathering. Ces deux jeux présentent des caractéristiques communes mais proposent des expériences très différentes. Quels éléments du système de jeu peuvent expliquer cette nuance ?

 

 

Les bases des systèmes de jeux de Dominion et de de Star Realms sont très proches. Chaque joueur dispose d’une pioche et d’une défausse personnelles. Des cartes sont présentés faces visible sur le plateau de jeu et peuvent être achetés par les joueurs pour une certaine quantité d’or dont ceux-ci disposent à l’aide de différentes cartes occupant leur main. Des cartes actions ont des effets variés, permettant par exemple de piocher. La stratégie étant de construire son deck de manière cohérente et optimisée selon son style de jeu afin de remporter la victoire. Le jeu de chaque joueur se construit au fur et à mesure en ajoutant les cartes achetées et en retirant les cartes écartées, la défausse redevenant la pioche une fois celle-ci vidée. Simple.

Précisions dès à présent que nous n’allons évoquer que certains éléments de gameplay ici, l’objectif n’étant pas d’expliquer intégralement les règles des jeux mais bien de présenter quelques éléments significatifs. La notion de gestion de factions de Star Realms ne sera par exemple pas expliqué.

Dominion et Star Realms présentent pourtant quelques différences qui ont une importance cruciale sur l’expérience de jeu. Tout d’abord, alors que Dominion limite le nombre d’achat et d’actions possibles par tours, sauf exception par effet d’une carte évidement, Star Realms n’impose aucune limites. Le nombre d’achats ou de cartes utilisables par tours n’est pas limité. Cette différence change considérable la notion de récupération de cartes dans le jeu, Dominion favorisant l’achat des cartes les plus chers dès qu’on en a l’occasion alors qu’un nombre illimité dans Star Realms permet une gestion de sa richesse plus souple et permettant d’exploiter la révélation des cartes de la piste d’achat. En effet, autre différence notable, Dominion propose une dizaine de piles de cartes à l’achat préalablement disposées et toujours disponibles, à condition évidemment que le joueur dispose des ressources nécessaires. Star Realms propose un système bien différent : seules 5 cartes sont proposées et le retrait de l’une ou l’autre de la piste d’achat entraîne un remplacement immédiat par une nouvelle carte dévoilée aléatoirement. La notion de hasard est donc plus présente dans Star Realms, les possibilités d’achat dépendant de ce qui est révélé. Cela permet en contrepartie une plus grande dynamique de jeu et, élément essentiel, propose une interactivité plus importante entre les joueurs. L’acte d’achat a un impact sur les autres joueurs dans Dominion dans le cas où une pile est vidée alors que le système de jeu de Star Realms propose des conséquences lors de chaque achat des uns sur les possibilités des autres.

 

 

La dernière grande différence, probablement la plus importante, est l’objectif de victoire. Une partie de Dominion se termine quand certaines piles de cartes sont épuisées. Le joueur possédant alors le plus points de victoire dans son deck remportera la partie. Les cartes victoires encombrent notre deck et il conviendra alors de savoir quand commencer à acheter celles-ci pour ne pas détruire l’optimisation du jeu. Les points de victoire n’ont pas d’importance en dehors du décompte final et ne sont, durant la partie, que des fardeaux en matière de système de jeu. A l’inverse, Star Realms repose sur un système de dégâts. Point de cartes victoires ici, des cartes infligent des dommages aux joueurs – ou au jeu dans certaines variantes – et il n’est pas rare de trouver des cartes proposant d’autres effets en plus de ces dégâts. Cette différence de taille présente de nombreuses conséquences. Les « petites cartes » victoires qui ne font qu’encombrer notre main dans Dominion permettront au moins ici de grignoter les points de vie de ses adversaires. Cela n’aura que peu d’incidences sur le résultat final mais permet d’appuyer l’interaction entre les joueurs et procura une sensation d’avancement. Le jeu évolue au fil de la partie et cela est perceptible par les joueurs grâce à l’information disponible, les points de vie, contrairement aux points de victoire de Dominion dont le décompte ne se fait qu’à la fin de la partie.

Reposant à première vue sur un système similaire, les expériences proposées par Dominion et Star Realms se révèlent être finalement très différentes. Les différentes extensions disponibles depuis la sortie de Dominion ont sût faire évoluer certains éléments de gameplay, dont l’interactivité entre les joueurs par exemple, mais reste très différent de ce que nous propose Star Realms.

 

 

© Images tirées des jeux Dominion, illustrés par Matthias Catrein, et Star Realms.

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